wp8c0aa35e_02.jpg
wpb3985cc1_02.jpg
wpa9734903_02.jpg
wp40319650_02.jpg
wpdf878245_02.jpg
wp081df5aa_02.jpg
wp1715e8d6_02.jpg
wp7ccc8620_02.jpg
wp323b4c87_02.jpg
wpb816f350_02.jpg
wp9505ffdc_02.jpg
wp306516b7_02.jpg
MOURAUD 1685 « CRUCIFIXION »

Qui était Mouraud ?
Cet artiste du 17ème siècle est une personnalité qui semble ne pas avoir marqué son temps. Inconnu des livres d’arts, de l’histoire pictural breton. Il paraît avoir survolé son siècle en ne laissant qu’une trace infime représentative de cette crucifixion : thème moult fois exécuté.
Il se peut donc que notre Mouraud (peinture classée Monument Historique) n’est qu’en fait qu’un simple étudiant de l’Académie des beaux arts de Rennes et qu’il n’aurait réalisé cette œuvre que pour commanditaires soucieux de protèger leur progéniture.  
On ne peut pas dire que la peinture Bretonne était dominante face aux grands pôles italiens avec des Carrache et flamands portés par les Rubens (dessin),… mais aussi par une école Française avec des noms comme Poussin (le coloriste)
Il faut avouer que la peinture bretonne existe peu  et c’est plus des peintres italiens ou hollandais qui viendront en voyage décorer certains châteaux privés et quelques lieux de cultes.

Le sujet : «  Le christ crucifié. »
Ce sujet religieux est un cas d’école en pleine période Baroque. On nomme cela de la peinture académique religieuse. Nombre d’élèves s’y sont cassés les dents dans la démarche de proportions et du travail de la chromie. C’est un thème  aucunement novateur car il fera même partie de l’imagerie populaire du XVII au XVIII afin de protéger les foyers contre le malheur ou  la maladie.
Ici, Cette peinture d’autel était de bon ton pour mettre en emphase culte du catholicisme
et splendeur des lieux de prières surtout pendant cette période Baroque.
Un artiste commandité par une famille noble ou bourgeoise se
devait de réaliser une œuvre souvent destiné au patrimoine de nos églises. La famille pouvait alors être lavée de tous pêchés, marié leurs fils ou leur fille sans s’attirer le courroux de notre bon dieu le père.

Le baroque marque cette œuvre. Car on peut mettre en évidence des caractères avec ce que l’on va voir en Italie et en Espagne. Ici, Le christ triomphe dans son émotive position proche d’un Vélasquez : Les chairs sont tendues, blanchâtres, le corps et les muscles sont saillants. L’expression est exaltée au maximum pour un christ mis à bout.
Différents éléments positionnent la situation de la scène.
La foule semble s’éloigner vers Jérusalem.
Laissant Marie (la mère), Jean le premier disciple de Jésus et Marie Madeleine se lamentant sur la condition de jésus.
Jésus est sur la croix, son côté gauche n’est pas blessé.
Le ciel mêle à la fois jour et nuit

La bible nous offre un descriptif de cette scène :
La tête :
« L’un des soldats arracha des branches couvertes d’épines est en tressa une couronne qu’il enfonça sur la tête de Jésus. »
wp4cb15ca7.jpg

Le Golgotha :
Le lieu du crâne – On le dénomme ainsi car il est dit que l’on y aurait trouvé le crâne d’Adam et c’est pour cela que l’on peut voir ici ce crâne. C’est avant tout une allégorie sur la vie et la mort – Le passage du temps. On le nomme ,de plus, ainsi, car c’était l’endroit des suppliciés (où l’on exécutait les condamnés) mais aussi une colline en forme de crâne.

Le moment décrit :
« Jésus leur dit : Ne pleurez pas pour moi ! Pleurez sur vous-même et sur vos enfants. Des temps terribles vont s’abattre sur cette ville ! »
On peut donc discerner un ciel mi-jour, mi-nuit, où le soleil et la lune sont symbolisés. Un style très figuratif qui pousse l’artiste a présenté cette éclipse comme l’apparition des deux astres lumineux en même temps.  
 « A midi, trois heures plus tard, alors que le soleil était à son zénith et que la chaleur devenait accablante, une nuit étrange et terrifiante tomba soudain. L’agonie de Jésus était désormais cachée à la vue de la foule. »
Le visage est en arrière et d’émotions nous n’avons que ce corps tendu.

La crucifixion :
« C’est la mort habituellement réservée aux esclaves évadés et aux rebelles contre Rome »
On peut aussi compter sur des légionnaires spécialisés dans la crucifixion (les bourreaux du Moyen-Age)
Les trois personnages :
Jean : le premier disciple de Jésus
Marie : la mère de Jésus
Et Marie Madeleine
Les proches de Jésus sont en plein désarroi. Ils suivent de loin cet ignoble acte de barbarie.

La foule : elle s’éloigne de colline et rentre à Jérusalem.

Le texte sur la croix : Hic est jesus rex judaeoru : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. »
Chaque supplicié avait son nom et le crime qu’il avait commis inscrit sur la croix. Ici Pilate gouverneur de Jérusalem décida de ce qu’il fallut noter.

Les oublis / les inattendus :
Les légionnaires ont fait leur office et n’apparaissent pas sur la toile, de même que les deux autres suppliciés accompagnant Jésus dans le trépas.
De même, La blessure au niveau du poitrail n’apparaît pas. On a omis de présenter des éléments de souffrances supplémentaires. Jésus est l’acteur            
principal et la charge émotionnelle n’a pas besoin d’être accompagné d’un surcroît morbide.  
On peut noter la présence de deux petits groupes d’angelots grassouillets en complément qui n’ont le mérite d’offrir qu’un équilibre supplémentaire à la composition.

La composition :
On ne peut pas avoir comme composition plus statique et symétrique.
Statique : la croix suit des parallèles en rapport avec les limites du tableau. Les postures sont arrêtées par petits groupes définies et on ne découvre aucun élément qui ne suit cette composition triangulaire.
Symétrique : ce triangle est entrecoupé par intermittence. L’œil est contrebalancé toujours de gauche à droite sans pour autant insister le spectateur à suivre un chemin aboutissant à une finalité au niveau du sujet.
Les détails :
La ville : Jérusalem ne semble être ici qu’un assemblage d’éléments architecturaux bigarrés.
C’est Jérusalem symbolisé par des bâtiments à coupoles. Les autres édifices ont l’air beaucoup plus occidentaux que ce que nous pourrions croire. Ils ont surtout une influence des peintures flamandes et hollandaises du moment. Façades imposantes et édifices religieux prépondérants comme une vue d’Anvers ou de Gand.

Les personnages :
Une caractéristique s’impose : trois personnages, trois couleurs primaires, un moyen simple de diviser chaque personnage indépendamment. Cette composition chromique montre aussi l’influence des contemporains au Peintre en outre Poussin qui insoufla cette nouveauté : ici, on traite de la couleur pour amener au sujet.
Jésus :
Une influence certaine de la peinture espagnole : Vélasquez ou Ribéra.
Mouraud, même si il semble inconnu de son époque en qualité de peintre, affirme ici son regard et sa culture (peut etre un grand voyageur) sur l’imagerie baroque de son époque.
Les chairs sont tendues, blanchâtres, le corps et les muscles sont saillants. L’expression est exaltée au maximum pour un christ mis à bout. On joue sur la contradiction deux couleurs neutres : le blanc et le noir. Elle détache le sujet et le positionne au premier plan.

Les anges :
Une masse entrelacée de jeunes angelots dodus très Rubens, très baroque. On exagère, on enrobe pour rendre une certaine douceur quitte à être gênant pour notre esthétique contemporaine.

Le crâne :
Il est assez facile de présenter un crâne au pied du christ.
Celui est souvent décliné en tant qu’allégorie. On le retrouvera souvent surmonté d’une bougie qui elle symbole le temps qui s’écoule inexorablement.
 
La signature : Mouraud pinxit 1685 : « Mouraud a peint en 1685»

Les commanditaires :
Les deux blasons des deux commanditaires sous la couronne royale.

La chromie :
On ne peut pas dire que l’oeuvre de Mouraud est une décharge de couleurs. On ne peut y voir que le jeu des contrastes est suffisant pour cette toile.
wp58326f93_02.jpg
wp0cede805.gif
wpdb2f6624.jpg
wp016124db_02.jpg

wpbd1f8a76_02.jpg